LA TRANSITION NUMÉRIQUE POUR LES CABINETS D’EXPERTS-COMPTABLES

LES ERREURS A ÉVITER DANS LA NÉCESSAIRE TRANSFORMATION DE SON CABINET

Les professions du chiffre sont dans une phase de turbulence forte qui contraste avec leur réalité actuelle du terrain et leur gestion du court terme. Cette déconnexion entre réalité et stratégie est un écueil majeur qui freine majoritairement leur évolution structurelle et celle de leur relation client. Les questions que cette situation génère sont multiples, mais convergent toujours vers le même sujet : faut-il se transformer ou attendre ?

Pour répondre à cette question synthétique, il faut examiner tous les paramètres qui la composent et définir les termes qui semblent aujourd’hui connus par tous, mais qui finalement, cachent beaucoup de perceptions tronquées ou d’approximations. Nous ne pouvons pas dans un simple article aborder tous les contours du sujet. Les livres, les recueils professionnels se prêtent parfaitement bien à une analyse en détail et qui plus est, sont nombreux, notamment ceux qui ont été écrit par les présidents de l’ordre ou pour les congrès.

 

ENVIRONNEMENT DU CHANGEMENT :

La profession est confrontée à des facteurs externes qui sont de plus en plus nombreux et de plus en plus déstabilisants, qui poussent de façon aigüe à la transformation des cabinets et de leur modèle économique.

Nous pouvons citer les points suivants :

  • Les évolutions légales et professionnelles qui amènent de plus en plus vers une logique de marché
  • La banalisation des offres qui nécessitent un Marketing de l’offre pour rendre pertinente la vente d’offres pluridisciplinaires et notamment des offres en ligne
  • La diffusion des technologies qui bouleversent les métiers et les usages clients : des clients connectés qui veulent les données critiques à tout moment et n’importe où. Des jeunes entrepreneurs qui apprécient le nomadisme et sont adeptes du travail collaboratif
  • La robotisation native de la comptabilité qui est une perspective avérée mais avec une arrivée que nous avons plus de mal à dater. Certains disent que cela pourrait être pour 2025 ? Avec en corolaire, la fin du métier de comptable entre 2041 et 2056 selon certains analystes (source : think tank libéral Institut Sapiens).
  • De nouvelles concurrences : avec les offres Low Cost en ligne, les fintech et les legaltech qui arrivent pour proposer des offres de gestion en ligne globales aux TPE. Plus généralement, nous retrouvons l’uberisation potentielle qui, en fonction des conditions structurelles, peut à tout moment survenir comme dans tous les métiers de service.

 

LE NUMÉRIQUE :

Force est de constater que ces éléments, de nature à influencer significativement la nature et la forme du métier d’expert-comptable, reposent très largement sur le numérique. La profession s’est largement emparée du terme Numérique pour se l’approprier et s’en faire une stratégie d’évolution et de survie du métier. Évidemment, c’est un point pertinent mais nous pouvons également constater que son interprétation ou son exploitation diffère parfois entre les différents professionnels quand ils doivent se l’appliquer à eux-mêmes.

Le numérique de l’expertise n’est pas forcément le même que pour une TPE ou pour une autre profession. Le numérique pour les experts-comptables est une vision de l’évolution de son métier. C’est donc une interprétation parfaitement stratégique et constitutive de son devenir. Ce n’est pas en installant simplement une DropBox entre son client et le cabinet que cela correspond au passage au numérique.

Pour la profession, le numérique va au-delà puisqu’il est structurel. Il touche à la fois au management, à la technologie, la data, l’organisation, l’expérience clients ou encore les indicateurs de mesure pour la transformation. On pourrait développer ces jalons fondamentaux qui sont à appliquer pour réussir son changement vers le numérique, mais nous nous limiterons ici à évoquer ce qui nous semble nécessaire de faire pour être sur le chemin du numérique. Encore faut-il aller jusqu’au bout de la démarche :

 

LA PROFESSION COMME CONSEIL ET EXEMPLE NUMÉRIQUE POUR SES CLIENTS

La profession est conseil et veut vendre du conseil à ses clients. Fondamentalement, il faut qu’elle soit elle-même un exemple pour ses clients. Cependant, le meilleur des conseils que la profession puisse donner aujourd’hui à ses clients, en dehors de la gestion traditionnelle, est de lui expliquer de s’orienter vers le numérique pour son métier. Comment peut-on imaginer aujourd’hui un cabinet ne conseillant pas ses clients sur ce sujet d’actualité ? Comment pourrait-on imaginer ce cabinet prodiguant ce conseil n’étant pas lui-même dans la logique numérique ? Logique qui commence basiquement par ce que nous pouvons voir. Il faut pointer du doigt notamment les cabinets qui dans ces conditions :

  • Ne disposent pas d’un site internet et/ou d’un blog, ne sont pas présents et actifs sur les réseaux sociaux
  • Ne mettent pas en place relation client numérique

 

LA PROFESSION UTILISANT LE NUMÉRIQUE COMME SUPPORT DU CHANGEMENT INTERNE

L’autre axe est lié à son propre outil métier, celui qui lui permet de produire et de réaliser les échanges légaux et obligatoires avec l’administration. Comment imaginer, dans le cadre des évolutions professionnelles fortes, de ne pas s’orienter vers ces nouvelles technologies ?  Elles permettent simplement et nativement :

  • La mobilité, la portabilité
  • Un travail collaboratif
  • L’interopérabilité des outils
  • Le dialogue natif des outils entre eux, en lieu et place des échanges de fichiers, des dialogues entre cloud et non cloud qui alourdissent, compliquent et fragilisent les traitements
  • L’adaptabilité aux technologies actuelles et futures, notamment l’intelligence artificielle
  • La protection contre les menaces externes comme l’uberisation, les fintech et les legaltech

En un mot comme en cent, ne pas faire évoluer ses outils dans le cloud est évidemment un écueil fort à cette nécessaire évolutivité précédemment évoquée. De cela découle deux questions : Qu’est-ce que veulent dire pour la profession :

  • Une relation client numérique
  • Le cloud

 

LE CLOUD

Bien souvent, le terme est employé à toutes les sauces et cela devient très compliqué pour le profane de s’y retrouver. Une chose est certaine, c’est que l’informatique moderne tourne définitivement la page des technologies traditionnelles. Force est de constater que le smartphone est la référence évidente à cette transformation digitale. Comment s’affranchir des technologies qui permettront de l’utiliser naturellement dans le cadre de solutions collaboratives et communicantes, dopées par l’intelligence artificielle.

Pour résoudre ces équations et permettre performance, sécurité et haute disponibilité, le SAAS se montre comme une évidence. Au-delà de sa pertinence, il s’impose aussi aux éditeurs qui voudront exploiter pleinement les ressources des évolutions de la technologie. La profession en a évidemment besoin, sans quoi les fintech, les Uber et consorts auront beau jeu de ringardiser le métier avec leurs innovations permanentes et pertinentes. Souvenons-nous que UBER ne s’est jamais implanté au Japon car les taxis étaient déjà dotés d’applications de réservation très performante. A la profession d’en faire de même avec le concours de ses partenaires technologiques.

 

LA RELATION CLIENT NUMÉRIQUE

Il s’agit bien de rendre numérique la relation avec le client mais aussi de répondre à cette préoccupation précédente de s’auto-ubériser afin d’éviter que d’autres le fasse à la place des professionnels du chiffre. Nous parlons alors de plateforme digitale du cabinet, socle numérique pour accompagner la transformation du métier par le biais de la numérisation des factures. Cela prend également en compte la plateforme multi-services, qui a pour vocation de permettre à la profession de proposer de nouveaux services en ligne à sa clientèle. C’est une révolution structurelle et organisationnelle.

Le challenge est de passer outre les difficultés techniques, humaines, commerciales et organisationnelles pour industrialiser un processus qui doit mener à une évolution du modèle économique. Il y a toujours dans un processus de transformation des écueils pour arriver au résultat final. Néanmoins, pour arriver à ce résultat, il faut toujours se contenter d’abord de choses imparfaites car ne nous pouvons pas passer d’un état à l’autre en une seule fois. En ce qui nous concerne présentement, cela prend du temps, et le temps la profession ne l’a plus. Faute d’accélérer son processus ou d’attendre que les choses deviennent parfaites, le passage brutal et tardif pourra laisser sur le carreau bon nombre de professionnels.

 

LES ÉTAPES DE LA TRANSFORMATION

Alors dans ce contexte, il y a des étapes à ne pas rater mais aussi des erreurs à ne pas commettre :

  • Privilégier le court terme par rapport au long terme
  • Ne pas utiliser la période de croissance pour s’engager durablement dans la transformation
  • Rester sur les technologies anciennes ou ne faire qu’un bout de chemin, en pensant être sur les dernières technologies qui seront bloquantes pour les adaptations indispensables et innovantes
  • Ne pas être innovant dans l’organisation, les services, la relation client, son positionnement concurrentiel
  • Ne pas respecter les étapes du changement et n’aborder qu’un aspect technique
  • S’arrêter en chemin car le changement est trop compliqué ou les résistances sont trop fortes
  • Penser que nous sommes encore dans un marché de la demande et ne pas penser au fait que nous devons être force de proposition auprès des clients
  • Ne pas s’adjoindre de nouvelles compétences marketing, communication et commerciale
  • Ne penser que productivité et ne pas avoir en tête l’objectif de la transformation
  • Penser que le cabinet a le temps et qu’il peut encore attendre pour se transformer

 

SE TRANSFORMER OU ATTENDRE

Le temps est compté, les technologies sont là ou le seront encore davantage très rapidement et toujours meilleures. Les clients et les collaborateurs ne sont pas pressés, le temps n’est pas extensible et le chantier est immense. Ne pas démarrer ce processus n’est évidemment pas le choix le plus judicieux à prendre dans ce contexte. De la même manière, entamer les démarches sans accélération ou s’arrêter au milieu de cette transition est contre-productif, démotivant et contraire à la stratégie qu’il faut garder dans le viseur pour ne pas sortir de la route à la moindre difficulté.

Cette phase de transition nécessite une restructuration de l’organisation interne du cabinet. C’est une stratégie qu’il faut mettre en place dans le but de déterminer les enjeux spécifiques et d’adopter une vision commune, afin de s’ancrer dans une nouvelle culture ; celle du numérique. En effet, les échanges relationnels entre les deux parties sont transformés. Il faut installer le changement progressivement auprès de chacun des acteurs du cabinet, que ce soit pour les clients ou pour les collaborateurs.

Le but est de prendre cette transformation numérique comme une opportunité pour le cabinet, et non comme une menace. Les cabinets doivent s’adapter aux changements en modifiant leur modèle économique. Cette transition n’est plus une option pour les cabinets d’expertise-comptable. Il est nécessaire aujourd’hui de s’investir dans ce processus.

LA TRANSITION NUMÉRIQUE POUR LES CABINETS D’EXPERTS-COMPTABLES – Auteur Constance HOUTEKINS


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